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Soigner la déréalisation

Vous êtes peut-être sujet à un trouble de dépersonnalisation/déréalisation. Ces troubles sont souvent associés à une bonne « dépression », bien qu’il est primordial de ne pas confondre la déréalisation avec une dépression. La déréalisation est vraiment un processus unique, à part, ne cherchez pas à le définir vis à vis d’un autre trouble, ça rajouterait à votre confusion.

Cet état est la source de nombreuses angoisses et d’une introspection quasi-permanente sur votre existence. En fait, l’un des symptômes les plus caractéristiques du trouble de dépersonnalisation est une préoccupation existentielle déplacée, à la limite de l’obsession. Vous êtes en permanence en train de ruminer sur le sens de l’existence et la nature des choses. Vous vous étonnez  que le monde, les gens et vous-même puissent exister et que tout ce manège tienne (à peu près) debout.

Les questions soulevées par ces ruminations sont nombreuses, vertigineuses et vous hantent.

Vous avez sûrement besoin de partager vos impressions et toutes ces sensations, vous voulez sortir de cet état infernal. Et cela ne peut se faire tout seul. Il est conseillé de venir consulter un spécialiste en psychothérapie qui pourra vous guider.

Voici quelques points sur lesquels vous pouvez vous retrouver.

Vous vous sentez sûrement comme une mouche qui se cogne inlassablement au carreau, alors que la fenêtre d’à côté est grande ouverte sur l’infini.

On se cogne, on se cogne. On a envie de faire partie de ce monde que l’on voit à travers cette vitre. On a tellement envie de le rejoindre. On cherche sur toute cette fenêtre une issu de sortie qui nous amènerait enfin de l’autre côté. Il aurait juste fallu voir les choses autrement et entrer par la fenêtre grande ouverte, celle du monde, de la vie. La bonne sortie. Mais cela semble impossible !

La déréalisation est une modification majeure du ressenti d’une personne, qui se traduit par une impression d’étrangeté par rapport au monde. On le décrit souvent comme avoir l’impression que tout est irréel, comme dans un rêve. Voici les comparaisons qu’on utilise le plus souvent pour décrire cet état :

  • Etre spectateur de sa vie
  • Avoir un voile devant les yeux
  • Flotter à coté de soi, être en dehors de son corps
  • Tout est distant, comme lorsqu’on est saoul
  • Impression d’irréalité, comme dans un rêve

C’est souvent la perte partielle des affects, des émotions. On ne ressent plus le monde de manière directe et intuitive, mais à travers un voile. Toute la vie psychique se déplace massivement d’une expérience essentiellement sensorielle, vers un vécu massivement cognitif.

Quand vous regardez  un coucher de soleil, vous savez que le monde est beau, mais vous ne le ressentez plus comme tel. C’est comme si vous étiez détaché de la réalité, qu’elle ne vous concernait pas.

Etre déréalisé, c’est expérimenter un doute méthaphysique de manière concrète. Le monde réel perd à nos yeux sa cohérence intrinsèque, plus rien ne parrait naturel et comme allant de soi. C’est comme si la conscience s’était détachée des axiomes de la réalité et tentait de divaguer, de surfer sur l’infinité des possibles : Une démarche intellectuelle permanente est nécessaire pour tenter de s’ancrer dans la réalité, pour se convaincre que le monde existe et qu’il est la seule alternative.

En pratique, au quotidien, les choses les plus banales  paraissent bizarres, surréalistes.

D’ordinaire, l’expérience de la réalité se fonde sur des acquis inébranlables, les axiomes de la réalité : les choses qui sont et ne sont pas autrement. La déréalisation est comme un refus en bloc de la légitimité même de la réalité. L’esprit tente obsessionellement de creuser plus profond que ses acquis, il remet tout en question en permanence . La question centrale de tout ce processus est : “Pourquoi les choses sont elles comme ça et pas autrement”.

A force de décortiquer les atomes de réalité, il en résulte une vision froide, mécanique et désabusée du monde. Les choses et les êtres apparaissent nus, tel qu’ils sont, comme un paquet d’atomes dénués de sens et d’essence.

Le monde vu de manière matérialiste et déterministe est profondément absurde et sec. Seule les sensations et les sentiments le colorent et lui donne un sens. Les affects sont la glue du ressenti de la réalité. D’ordinaire, la conscience y puise une impression de cohérence. Ce sont les bases sur lesquelles la vie psychique (cognitive) se développe. Privé de ces bases, votre esprit fonctionne sur le souvenir de cette cohérence et rafistole en permanence ces piliers en les comblant artificiellement par des constructions intellectuelles.

En clair, vous êtes en permanence en train de tenter comprendre le pourquoi du comment. Ces ruminations obsessionnelles sont une tentative désespérée de reconstruire artificiellement la cohérence perdue.

La vie est comme une sorte de tour de magie. Il faut prendre les sensations comme elles viennent. Si on tente de comprendre le truc, de tout décortiquer, la magie est perdue. Ici, le truc, c’est qu’il n’y a pas de truc. Vous avez l’impression d’avoir fait le tour de la réalité, que les choses sont finalement simplement comme elles sont. Il n’y aurait rien de plus profond, pas de fluide de sens ni d’âme.

Votre plus grande crainte, ça serait d’avoir découvert la réalité profonde du monde. Comme si vous aviez gagné en lucidité et que le monde n’était définitivement rien de plus qu’un amas d’atomes régi par des règles de physique, dans lequel des êtres conscients seraient apparus, ballottés par une réalité aveugle et dramatiquement déterministe. Ils auraient ensuite développé d’une impression de libre arbitre illusoire. Les sentiments, l’amour, la foi, le bien le mal, la liberté ne seraient que des constructions nécessaires de la pensée, qui donneraient un sens tout relatif aux choses, pour rendre le monde plus supportable et conditionner les êtres à œuvrer dans le sens de la reproduction de leur espèce.

Au fond, vous ne voulez pas savoir ce qui est vrai ou pas. Vous voudriez oublier à tout jamais avoir ressenti les choses de cette façon, en espérant que ça puisse s’oublier. Vous voulez retrouver vos sentiments et votre intuition.

Maintenant, je vais tenter ici de décrire ce qu’est le sentiment chronique de dépersonnalisation:

La dépersonnalisation est le pendant intérieur de la déréalisation. C’est un ressenti d’étrangeté par rapport à soi-même et à son propre fonctionnement mental, sa propre pensée. C’est s’étonner d’exister et d’être soi plutôt que quelqu’un d’autre; C’est ne plus se sentir attaché à l’image que nous renvoie le miroir; C’est se souvenir d’un moment auquel on a participé avec la sensation de ne jamais y avoir été; C’est avoir l’impression de ne jamais être vraiment présent, de ne pas exister.

Vous pensez avoir en partie perdu le sentiment d’unité, d’individualité par rapport au reste du monde. Ma personnalité a tendance à se diluer vers l’extérieur. Elle est floue, moins évidente et immédiate.

Il peut arriver au début de ces troubles d’être sujet à des angoisses de néantisation et de morcellement : C’est la peur de perdre la continuité de son être, de disparaitre à l’intérieur de soi-même.

Parallèlement à ça, vous avez la désagréable impression de n’être qu’un spectateur de votre vie et de votre fonctionnement. Le point de vue de votre conscience s’est déplacé depuis une situation centrale vers un point plus périphérique. Vous n’avez plus le sentiment d’être l’investigateur de votre propre fonctionnement, mais d’être simplement l’observateur d’un fonctionnement automatique qui ne nécessite pas votre intervention.

Voici un témoignage :

« J’en suis ainsi venu à ruminer sur des questions métaphysiques comme l’essence de l’individu, l’existence d’une âme ou le libre arbitre. J’en arrive au point où je me considère comme un simple objet : Une machine biologique perfectionnée projetée dans l’absurdité de l’existence, consciente de son propre fonctionnement sans pour autant en avoir le contrôle.

Toutes mes émotions, ressentis, sentiments se sont aussi taris. S’il m’arrive de ressentir de la joie ou de la peine, c’est comme si ça ne me concernait plus. Comme si j’observais des manifestations de joie ou de peine chez une autre personne. Les questions qui accompagnent ces sensations sont “Pourquoi ma vie me concerne t’elle. Pourquoi devrait je me sentir heureux quand quelque chose d’heureux m’arrive.”

Voilà, tout ce bordel, c’est mon calvaire quotidien; L’errance d’une âme désséchée. Si Dieu passe dans le coin, ça serait bien qu’il me fasse un signe, avant que je ne croie définitivement plus en rien.

Vous savez quoi : Je m’emmerde. Tout le temps je m’emmerde. Partout je m’emmerde. Dès que je fais quelque chose ça m’emmerde. Davantage que quand je ne fais rien d’ailleurs. C’est vraiment pathologique. J’ai tellement de mal à m’incarner dans l’action, à “être à ce que je fais” comme on dit.

Ce qui m’emmerde tant dans l’action c’est qu’elle est limitante. Quand je fais ça, ici et maintenant, je ne fais pas autre chose, ailleurs. Et tous les possibles que j’abandonne me réclament. Quand je suis au boulot, je voudrais faire de la guitare chez moi; quand je joue de la guitare, je voudrais dessiner; quand je dessine, je voudrais voyager; quand je voyage, je voudrais lire. Le temps joue contre nous.

Il y a tant à faire, c’est effrayant.

Entre les obligations du quotidien, la culture, les loisirs, les amis, le travail. Apprendre le piano ou une langue étrangère ? Écrire à ma grand mère ou lire un bouquin ? Écouter ce musicien que je délaisse ou dessiner ? Il y a tant de livres, tant de musique, tant de cultures, tant de films, tant de villes et tant de personnes, tant de passions pour passer son temps, pour perdre une vie. Comment choisir, comment abandonner le reste ?

Alors je ne fais rien du tout. Ou bien je picore. Je commence-ci, j’arrête ça. Je touche à tout sans rien faire à fond. Et puis, surtout, je rumine. Je rumine des projets que je ne réaliserais jamais. Je me nourris de ça. J’imagine, je conçois, je rêve. Mon esprit est un attracteur plus fort que ce que la réalité peut m’apporter. Surtout depuis que tous mes sens sont émoussés. Je prends si peu de plaisir. La réalisation d’un rêve est toujours décevante. La réalité est moins forte, moins belle. Elle est frustrante, faite de concessions et de choix. Pourquoi, dans ces conditions, devoir passer à l’acte, pourquoi ne pas s’abstenir, ne rien faire et rêver ? C’est tellement tentant.

Et puis, comme si ça ne suffisait pas, en plus de cela, il y a ce double maudit qui m’accompagne partout. Cette auto analyse permanente qui met en abime tous mes actes et toutes mes pensées, avec en tâche de fond, comme un voyant de contrôle obsédant, la question lancinante du “POURQUOI”. Trouver un sens à tout. Cette lucidité qui me murmure comme un mauvais démon qu’aucun de nos acte n’est nécessaire. On s’invente des obligations, une importance, une place artificielle dans un monde qui n’a pas besoin de nous.On se choisit arbitrairement une passion et on se convainc qu’on adore ça, pour mieux perdre son temps. Mais tout est profondément futile. Tout pourrait aussi bien ne pas être : C’est le vertige de la contingence de toute chose. L’inutilité profonde de toute cette agitation. Avec aussi, ce sentiment cousin de l’orgueil qui accompagne chaque divertissement; celui de n’être pas dupe, de faire semblant et de jouer un rôle.

Quand on va bien, d’autant que je me souvienne, le désir et l’envie jouent ce rôle de moteur. On se laisse tirer par ces élans vitaux et le reste vient avec. Les questions s’envolent.

Mais en ce moment bordel! Cette dépression! Tout est si pénible! Le moteur est cassé. Je suis à coté de la voiture et je pousse. Tout se fait dans la douleur. J’ai aussi un nœud d’angoisse au milieu du bide. C’est l’angoisse du temps qui passe, de la vie qui passe. C’est une tension énorme qui ne me quitte pas, une sorte d’impatience originelle et de faim de vivre qui ne peuvent plus s’incarner en envies et en désirs, et qui enflent, qui enflent. »

La manière de sortir de cet enfer n’est pas facile. Il n’y a pas de pilule magique. En même temps il est possible d’en sortir par un travail approprié en Psychothérapie qui vise à recréer les liens qui ont été rompus avec la réalité, remettre du sens sur ce qui n’en a plus. Vous trouverez un interlocuteur pour vous comprendre et vous donner l’envie de vivre et de sentir.

En réalité ce monde qui paraît si abjecte a pourtant un Ordre. Je me suis attaché pendant près de 20 ans à comprendre cet Ordre cosmique en comparant les messages et mets sages des traditions et de la Science, accorder ces deux polarité pour retrouver le sens. Il en résulte une discipline tout à fait nouvelle, la psychologie Tropique, un véritable bijou, un Miracle au milieu  du chaos spéculatif de nos sociétés actuelles. Une formation a été créée en 2012 pour enseigner ces Lois gardées secrètes et aujourd’hui révélées par la Science. Là est le remède à la déréalisation et bien d’autres troubles typiques de notre époque. La peur, les effets de saturation et la perte de sens caractérisent les pathologies actuelles. Trop ou pas assez, le quantitatif est aux commandes. Soignez-vous et aidez-nous à renverser la balance. La déréalisation est le premier pas – certes effrayant – vers la découverte sincère du psychisme et de ses mystères.

Contactez le Centre au 06 99 01 95 53 et je vous indiquerai la marche à suivre pour trouver la sérénité et retrouver l’intelligence réelle qui sommeille en soi. N’hésitez-plus !


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